*Le texte ainsi encadré contient une brève description du jeu qui peut très bien être ignorée.
Joués : Factory Fun, Bluff (Liar's Dice), Thingamajig, Bohnanza, Elasund - The First City, Croquignole, Stupide Vautour, 6 qui prend!, Niagara, Mordred.
Participants : Michel, Danièle, Jacques, Éric, Josée, François, Any, Jean-François.
On peut dire que j'avais bien choisi la date pour cette rencontre : le lendemain de la tempête de neige du siècle et du passage à l'heure avancée. Au bout du compte, j'avais une heure de moins pour nettoyer mon entrée enneigée comme jamais. De plus, la municipalité de Longueuil avait décidé d'abandonner le nettoyage des trottoirs, augmentant la superficie à déblayer. Il y avait tellement de neige que j'ai dû renoncer à libérer mon entrée principale. Il a fallu me résoudre à sculpter un escalier de neige se rendant jusqu'à ma chambre au deuxième étage et à faire entrer les invités par la fenêtre.
Pour toutes ces raisons, je m'attendais à un désistement généralisé. Erreur! Ce fut l'une des rencontres les plus achalandées des derniers mois.
Factory Fun
Jacques et Danièle furent les premiers arrivés. Nous décidâmes de reprendre là où nous nous étions laissés lors de la dernière rencontre. Le but en choisissant Factory Fun était surtout de remédier, si possible, au gout amer qu'il nous avait donné la dernière fois.
L'expérience fut, de fait, beaucoup plus agréable. Cependant, je ne peux pas dire que je sois encore convaincu qu'il s'agit d'un bon jeu. Et ce, malgré que toutes les tuiles que le hasard apportait semblaient être parfaites pour mon usine. Mais, comme tous les jeux exigeant des placements de tuiles, le déroulement est fade et monotone.
Pointage final : Michel 104, Jacques 66, Danièle 58
Appréciation : Michel 3/5, Jacques 5/5, Danièle 4/5
La partie de Factory Fun dura une heure. Danièle et Jacques avaient encore quelques minutes avant leur pause « cours de danse ». Le choix du jeu suivant fut donc aisé et naturel. Danièle se fit rapidement éliminer lors de la première partie, que je gagnai. À l'opposé, je fus éliminé le premier lors de la deuxième partie alors que Danièle n'avait encore perdu aucun dé. Elle gagna trois manches plus tard.
Appréciation : 5/5 partout
La tempête de neige précédemment évoquée fit au moins une victime. Danièle et Jacques partirent pour leur cours et revinrent bredouille quelques minutes plus tard n'ayant aperçu âme qui vive à leur rendez-vous hebdomadaire. Nous nous demandions si cette rencontre n'allait pas subir un sort similaire. Aucun autre participant ne s'était encore manifesté et nous commencions à songer à EuroRails, un divertissement accaparant environ 3 heures d'une vie. Quelques coups de téléphone m'apprirent qu'Éric était en chemin.
Thingamajig
En attendant Éric, on fit trois manches de ce jeu improvisé avec les cartes de Concordances. Il s'agissait surtout d'un essai qui me permettrait d'en jauger la valeur. Les conditions n'étaient pas idéales. C'était une première expérience, elle fut écourtée par l'arrivée d'Éric et nous n'étions pas assez nombreux. On ne peut donc pas donner une appréciation éclairée et définitive. Je réserve donc mes commentaires pour une session ultérieure, le cas échéant. Seul Jacques statua et refusa de reconnaitre le potentiel du jeu, aveugle qu'il est.
Pointage final : Danièle 3, Michel 2, Jacques 1
Bohnanza
Éric franchit ma porte et fut rapidement suivi par François et Josée. Il y eut un léger flottement; le temps de renouer et de s'installer. Bonhanza fit presque l'unanimité; l'absence de Bruno étant le principal motivateur de ce choix qu'il n'aurait pas approuvé. Je pensais qu'il était temps d'entreprendre les procédures de divorce avec Bohnanza, mais contre toute attente, l'expérience fut agréable. La partie fut extrêmement serrée. Exceptionnellement, j'indiquerai donc au pointage le nombre de cartes en main de chaque joueur qui servit à départager les gagnants.
Pointage final : Michel 13 (5), Danièle 13 (3), Jacques 11 (6), François 11 (4), Éric 11 (3), Josée 5
Appréciation : Michel 4/5, Danièle 5/5, Jacques 5/5, François 4/5, Éric 4/5, Josée 3/5
La partie se terminait à peine que Jean-François et Any nous honorèrent de leur présence. Bien sûr, nous avions beaucoup de sujets de discussion à aborder et nous passâmes les minutes suivantes à en vider quelques-uns. Malheureusement, ils nous annoncèrent qu'ils ne pouvaient pas rester très longtemps. Nous réussîmes cependant à leur tendre un piège en forme d'escalier. Première marche, l'offrande d'une chaise. Deuxième marche, l'offrande de thé glacé. Troisième marche, l'offrande d'une partie. À vrai dire, Any elle-même suggéra le Croquignole dont elle s'était visiblement ennuyée. Je la comprends très bien.
Elasund - The First City
Le groupe se divisa en deux. François, Éric, Josée et Danièle choisirent Elasund qu'ils étirèrent bien au-delà du mince plaisir qu'il peut apporter : 2 heures et 25 minutes! François et Josée profitèrent de dés chanceux et devancèrent d'une confortable marge les deux autres joueurs. Ce qui me parait incroyable est la générosité des appréciations considérant la durée infligée.
Pointage final : François 10, Josée 9, Éric 6, Danièle 5
Appréciation : François 5/5, Josée 5/5, Éric 5/5, Danièle 4/5
Nous eûmes le temps de compléter cinq parties pendant que s'éternisait Elasund. Encore une fois, on utilisa la variante « chacun pour soi ». On prit soin de répartir les handicaps le plus équitablement possible. Any et Jean-François profitèrent de « Mulligans » (reprise de coups ratés) alors que je ne jouai que deux disques sur trois. Bien sûr, le Croquignole se prêtant particulièrement bien aux échanges sociaux, nous avons continué à partager des nouvelles et discussions. Jean-François et Any eurent le temps de terminer deux manches avant que leurs obligations les forcent à partir, à regret de part et d'autre.
Jacques et moi continuâmes le marathon en essayant de trouver la bonne forme de handicap à utiliser. Ce qui est assez difficile puisqu'il s'améliore à chaque fois, alors que je stagne. Pour la première partie à deux, on se contenta d'un « Mulligan » pour Jacques; ce qui était nettement insuffisant. Les occasions d'utiliser cet avantage furent très rares ce qui montre bien son progrès. Pour la deuxième partie, je ne jouai que deux disques sur trois. De toute évidence, j'étais trop désavantagé et je passai à trois disques sur quatre. Même si je gagnai les deux dernières parties en utilisant ce handicap, Jacques réussit à prendre les devants dans chacune de ces deux parties. L'excitation était à son comble. Ce qui tend à montrer que ce handicap est le bon.
Première partie : Jacques 45, Michel 5, Any 0, Jean-François 0
Deuxième partie : Michel 105, Jacques 0
Troisième partie : Jacques 145, Michel 20
Quatrième partie : Michel 130, Jacques 80
Cinquième partie : Michel 105, Jacques 60
En attendant l'arrivée des repas, nous désirions enchainer les jeux de cartes rapides permettant l'implication de tous les joueurs. Jacques fit cependant la fine bouche et refusa de jouer à l'un ou l'autre. On commença par le toujours drôle Stupide Vautour. Initialement, François ne comprit pas bien le concept des cartes négatives et récolta rapidement un -1. Il réussit par contre à bien se reprendre en main.
Pointage final : François 19, Danièle 10, Michel 5, Josée 4, Éric 2
Appréciation : François 5/5, Danièle 5/5, Michel 4/5, Josée 5/5, Éric 3/5
Le jeu suivant fut aussi boudé par Jacques. Nous avons eu le temps de faire deux manches pendant lesquelles Danièle s'activa à garnir énormément sa collection de têtes de boeufs.
Pointage final : François 12, Éric 15, Michel 21, Josée 28, Danièle 47
Niagara
Après le repas, le groupe fut encore divisé en deux avec l'espoir de pouvoir plus aisément sélectionner deux jeux relativement brefs. Éric, François et Josée choisirent de visiter les chutes du Niagara. Apparemment, ils durent redémarrer la partie après avoir oublié la règle dictant qu'un joueur ne peut mettre à l'eau qu'un seul canot par tour. François gagna la partie.
Appréciation : François 5/5, Éric 4/5, Josée 5/5
Mordred
Jacques avait manifesté un certain intérêt pour ce nouveau jeu tout au long de la rencontre et ce fut notre choix. Le verdict fut le même que ma première partie hors Ludésinvoltes. On ne sait pas trop quoi en penser. On n'est pas certain que le jeu soit équilibré.
La bataille du roi Arthur contre Mordred dans la région de Wales (Grande-Bretagne) est le thème de ce jeu. Il s'agit principalement de vaincre l'influence néfaste des hommes de Mordred, l'ennemi juré du roi. Pour ce faire, il faut que chaque joueur tente d'augmenter sa présence sur le territoire et, s'il y a lieu, repousser les avancées trop pressantes des hommes de Mordred. L'astuce est que l'amélioration de sa position personnelle risque d'accélérer l'invasion de la part de Mordred. À son tour, un joueur annonce le niveau de risque qu'il choisit (A, B ou C) et lance un dé. Une table de correspondance indique si Mordred fait une percée (1 chance sur 6 au niveau A, 1 sur 3 au niveau B et 1 sur 2 au niveau C). La table indique aussi le revenu du joueur. Le joueur peut utiliser son argent pour étendre son territoire (réduire l'influence de Mordred) ou attaquer Mordred. À la fin de la partie, on détermine qui de Mordred ou Arthur a gagné et les conditions de victoires pour les joueurs diffèrent selon le cas.
Je bravai le destin en choisissant la stratégie officiellement la plus difficile à accomplir. En effet, les règles précisent que se frayer un chemin et vaincre l'homme de Mordred du château d'Anglesey est très difficile. Le problème est que cette stratégie n'est pas très discrète et que les adversaires peuvent et doivent s'acharner sur le joueur qui la tente. Dans cette partie, les hommes de Mordred remportèrent la victoire contre le roi Arthur en grande partie par ma faute, étant le plus corrompu (ayant le plus participé à faire avancer les hommes de Mordred). Lorsque Mordred l'emporte, le joueur gagnant est celui qui a le moins contribué à l'avancée des hommes de Mordred. Cela s'avéra être Danièle par deux points.
Appréciation : 3/5 partout
Comme nous l'avions espéré, les deux parties se terminèrent exactement au même moment. C'est ainsi que la rencontre se pulvérisa. Quelques secondes suffirent pour que je me retrouve seul avec mes souvenirs d'une rencontre sublime!Merci à tous,
Michel

