*Le texte ainsi encadré contient une brève description du jeu qui peut très bien être ignorée.
Joués : Croquignole, Container, Sticheln, Power Grid, Factory Fun.
Participants : Michel, Bruno, Éric, Danièle, Jacques, François.
De temps à autre, une session de jeux s'avère moins réussie. C'est tout à fait normal et, tout compte fait, plutôt rare dans le cadre des Ludésinvoltes. Malheureusement, la fin de cette rencontre fut ainsi.
Notez que même un jeu médiocre n'est pas une perte de temps lorsque nous sommes entourés de gens de qualité. Et puisque je peux appliquer ce terme à chaque membre des Ludésinvoltes, je peux affirmer sans crainte de me tromper que notre plaisir résisterait même à Transat Québec/Saint-Malo
. Quelqu'un est-il prêt à soumettre cette hypothèse à un test?
(bissé)
Éric et Bruno furent les premiers arrivés. Nous avions deux bonnes raisons d'inaugurer cette rencontre avec le Croquignole. Premièrement, la dernière séance officielle s'étant déroulée chez Jacques et Danièle, nous n'avions pu jouir de ce plaisir. Deuxièmement, je ne pouvais imaginer rien de mieux pour amorcer l'année 2008.
Nous avions choisi d'essayer pour la première fois la variante séduisante nous permettant de jouer à trois, de façon individuelle. Les règles traditionnelles s'appliquent sauf pour deux petits détails : un joueur est obligé de frapper un disque en jeu de son adversaire de droite, mais pas de son adversaire de gauche; le pointage en fin de manche est compté en soustrayant le plus grand total au deuxième plus grand, au profit du meneur, naturellement.
Éric et Bruno étaient passablement rouillés, ce qui me permit de gagner facilement les deux premières parties. La troisième s'annonçait beaucoup plus intéressante, mais, sale coup du destin, Jacques et Danièle arrivèrent sur les entrefaites, nous obligeant à interrompre notre partie!
Première partie : Michel 65, Bruno 0, Éric 0
Deuxième partie : Michel 50, Bruno 0, Éric 0
Troisième partie : Éric 20, Michel 15, Bruno 5
L'occasion était bonne d'essayer ce nouveau jeu à cinq joueurs, le maximum qu'il permet. Nous l'avions déjà essayé à trois joueurs (Bruno, Éric et moi) hors du cadre des Ludésinvoltes et nous ne savions pas encore quoi en penser. C'est une bête étrange aux mécanismes d'inspiration économique nombreux.
En deux mots, une partie se décline en une série d'étapes d'offres et d'achats. Premièrement, chaque joueur gère une ou plusieurs usines. Chaque usine produit un seul type de produit et le joueur décide de son prix de vente. Deuxièmement, chaque joueur peut acheter les produits d'un adversaire pour les stocker dans ses entrepôts et décider de leur prix de revente. Troisièmement, chaque joueur peut amener son bateau à l'entrepôt d'un adversaire pour acheter ses produits en entrepôt qu'il charge sur son bateau. Quatrièmement, lorsqu'un joueur considère que son bateau est assez alléchant il peut le décharger en vendant aux enchères (aux autres joueurs) tout son contenu. La valeur finale des différents produits est distincte, et secrète, pour chaque joueur. Le but est donc d'acheter lors de la quatrième étape les produits qui rapporteront le plus d'argent en fin de partie.
L'étrangeté du jeu se confirma au cours de cette partie. Il est tout de même fascinant de voir la théorie économique de l'offre et de la demande en action. Naturellement, si les joueurs sont cancres en science économique, le plaisir peut tomber à plat. Selon moi, le principal défaut de cette partie à cinq joueurs fut d'être trop longue. Au point de vue de la simulation, Container a ceci de très conforme à la réalité : peu importe la compétence de l'économiste, ce dernier ne peut rien prévoir ni contrôler. « L'économiste passe la moitié de son temps à faire des prévisions et l'autre à expliquer pourquoi elles ne se sont pas réalisées. »
Comme d'habitude, Jacques et Danièle avaient rendez-vous avec leur professeur de danse et il fallut interrompre la partie. François arriva quelques minutes avant l'interruption et il étudia le jeu et réussit à le comprendre à l'aide de quelques questions bien senties. Au retour de Danièle et Jacques, nous consacrâmes 30 minutes pour terminer la partie.
Pointage final : Éric 145, Michel 141, Jacques 120, Danièle 109, Bruno 108
Appréciation : Michel 3/5, Jacques 5/5, Danièle 5/5
Pendant l'absence du couple, nous nous sommes installé, Éric, Bruno, François et moi à la table à cartes, laissant le jeu Container tel quel à l'autre table. Je proposai Sticheln qui fut accepté. Mis à part Bruno qui éprouva beaucoup de difficultés, le pointage fut très serré tout au long de la partie. Sticheln est toujours une expérience très prenante.
Pointage final : Michel 48, Éric 44, François 33, Bruno 21
Croquignole
Faisant écho au début de la rencontre, nous avons choisi d'attendre l'arrivée seconde du couple en empruntant le chemin du Croquignole. Encore une fois, nous avons opté pour la variante « chacun pour soi ». À quatre joueurs, cette variante rend le joueur d'en face l'adversaire principal. Les disques des autres joueurs peuvent être ignorés. Par la puissance de son doigt, François nous fit sursauter à quelques reprises, désirant sans doute nous déconcentrer. Vaine tactique!
Pointage final : Michel 55, Bruno 0, Éric 0, François 0
Power Grid
Pendant que nous finissions la partie de Container telle que décrite plus haut, François combla sa solitude en parcourant les règles de Power Grid apporté par Bruno. Il les assimila très bien, car il put répondre rapidement et avec exactitude à la plupart des questions qui survinrent. Mais Bruno n'est pas le dernier venu et il mena d'une main de maitre le déroulement du jeu. Malgré cette gestion efficace, la partie fut la plus longue session de Power Grid à laquelle il me fut donné de participer. Quatre heures de jeu presque ininterrompu sont exagérées relativement à la satisfaction qu'apporte ce jeu. J'admets volontiers que les mécanismes sont astucieux, mais ils ne justifient absolument pas cette épopée sans fin.
François nous massacra sans faire preuve du moindre remords. Il maitrisait si bien la mécanique qu'il eut l'audace de déclarer sa victoire en plein milieu du tour qu'il annonça être le dernier. Sûr que nous ne pourrions rien y faire même si nous nous unissions contre lui. Sa prédiction se réalisa.
Pointage final : François 16, Jacques 13, Michel 13, Éric 12, Danièle 11, Bruno 10
Appréciation : François 5/5, Jacques 5/5, Michel 2/5, Danièle 4/5
Éric et Bruno nous ayant quittés, nous avons décidé de faire une ultime partie. Le choix fut difficile et nous avons commis l'erreur monumentale de choisir le casse-tête qu'est Factory Fun. Nous sommes des gens d'expérience, alors, pourquoi ne nous sommes-nous pas souvenus que le dernier jeu de la soirée doit toujours être léger?
La fatigue était palpable et l'expérience ne fut pas aussi agréable qu'elle aurait pu l'être en d'autres circonstances. Loin de moi l'idée que Factory Fun puisse être agréable en soi remarquez. C'est une curiosité, sans plus.
Pointage final : Michel 71, Jacques 56, François 53, Danièle (abandonné)
Appréciation : Michel 3/5, Jacques 5/5
Ne laissez pas les quelques critiques de ce compte-rendu vous donner une fausse impression. La rencontre fut tout de même très agréable.
Merci,
Michel

