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Compte-rendu du 11 mars 2007

*Le texte ainsi encadré contient une brève description du jeu qui peut très bien être ignorée.

Joués : Polarity, Vinci, Mamma Mia!, Chevaliers de la table ronde.
Participants : Michel, François, Éric, Bruno, Danièle, Jacques.

Le 11 mars est une date particulièrement insignifiante dans l'histoire de l'humanité. En 1513, Leon X (lointain ancêtre de Malcolm) est élu Pape; en 1818, Mary Shelley publie Frankenstein et en 1917, l'armée britannique envahit Bagdad (tiens, tiens). Selon les dernières estimations, c'est également un 11 mars que s'est formée la première molécule de protéine sur terre, il y a 4 milliards d'années. Tout cela est plutôt inintéressant et n'a aucune corrélation avec le récit que je m'apprête à faire; ou un lien si ténu qu'il m'échappe encore. Par contre, je suis convaincu que la rencontre du 11 mars 2007 restera gravée dans la mémoire des participants; que dans 30 ans, les séniles et impotents que nous serons devenus agaceront la jeunesse avec nos réminiscences barbantes de cette journée mémorable.

Maintenant, laissez-moi tenter de me rappeler des faits saillants de la rencontre. Laissez-moi dissiper la brume recouvrant mon souvenir de la dernière session des Ludésinvoltes...


François se pointa le bout du front un peu avant 14 h. La conversation intervallaire se porta sur la fragilité des CD et DVD ainsi que le remarquable pouvoir destructeur des enfants. Nous fûmes totalement incapables d'expliquer pourquoi un mécanisme de protection ne fut pas intégré lors de l'invention du support CD. Bruno et Éric interrompirent nos interrogations et le premier jeu de la rencontre fut choisi.

Polarity BGG

Voici un jeu unique en son genre dont le mécanisme central est la manipulation de champs magnétiques. En soi, cela constitue un caractère tout à fait extraordinaire, mais une autre caractéristique le distingue : un joueur ne peut pas directement marquer les points lui permettant de gagner. Les points sont toujours gagnés lorsque l'adversaire commet une erreur. Le but est donc de manipuler les champs magnétiques de la surface de jeu de sorte que les probabilités d'erreurs adverses s'en trouvent augmentées.

Éric et moi avions déjà fait une partie à deux en dehors du cadre des Ludésinvoltes. Il s'agissait d'une première partie pour Bruno et François.

La première partie ne se déroula pas très bien pour Bruno et Éric qui formait la première équipe. Après quelques tours de table, il ne leur restait plus aucune pièce en jeu, accordant une victoire par défaut à l'équipe adverse : François et Michel.

La deuxième partie fut plus serrée et, par le fait même, plus intéressante. Éric et Bruno prirent les devants après quelques erreurs partagées entre François et moi. Tout compte fait, la partie fut assez enlevante. Il y eut quelques manoeuvres audacieuses, réussies ou non, et quelques exclamations de terreur face à la fragilité de nos constructions magnétiques. Il y eut même la réussite d'un disque en double appui. Pas mal pour des débutants.

François et moi réussîmes à surmonter notre retard initial pour, finalement, gagner la partie.

Jacques et Danièle, arrivés entretemps, semblaient intrigués par le jeu et assistèrent, perplexes, à la finale. L'intensité de la partie nous ayant détournés de nos responsabilités hospitalières; il fallut bien y remédier celle-ci terminée. Ce que nous fîmes avec effusion, tout en nous éberluant devant la profusion de bonbons divers qui accompagnait le couple. Cet apport de sucre méritait bien que nous les laissions choisir le jeu suivant.

Vinci BGG

Je me souviens avoir, quelques mois auparavant, décrit ce jeu à Jacques en tant que remplacement supérieur à Risk BGG. Je ne sais pas si cela fut pour quelque chose dans la sélection du jeu. Je ne sais pas non plus si les nouveaux joueurs qu'étaient François, Danièle et Jacques seraient maintenant d'accord avec l'affirmation. Peut-être voudront-ils se prononcer?

Je rappelle que, durant la partie, un joueur gère, l'une après l'autre, une série de civilisations habituellement très différentes. Chaque civilisation nait, prospère et meurt. Un joueur doit apprendre à établir le meilleur moment pour laisser tomber sa civilisation active et en choisir une autre.

La première civilisation disponible suite à la mise en place était spécialisée en Monnaie et Diplomatie. Il faut bien le dire, voilà une combinaison franchement mauvaise et tous les joueurs préférèrent la sauter pour en choisir une plus couteuse, mais plus intéressante. Cependant, le tour de François de choisir sa civilisation initiale venu, Monnaie et Diplomatie était maintenant accompagné d'un bonus de 10 points. Il ne put résister à l'appât de ce gain immédiat et cette civilisation se retrouva donc sur la table durant un tour de table. François abandonna ce peuple de mauviettes dès son deuxième tour pour se choisir une deuxième civilisation digne de ce nom. Cet évènement fut emblématique du rythme de la partie entière. Les civilisations étaient éphémères et, corolaire de ce fait, les déclins multiples. Il faut dire qu'il s'agissait d'une première partie à 6 joueurs pour nous tous et il est très facile de comprendre qu'un espace géographique bondé entraine cette conséquence cruelle.

Le premier tiers de la partie fut très serré, les marqueurs de points formant un mince peloton sur la piste. Durant le deuxième tiers, Danièle, Bruno et moi nous échappâmes quelque peu du peloton alors que François prit de l'arrière. Ce dernier rattrapa bien son retard durant le dernier tiers pendant que Jacques et Éric réussirent à me dépasser. Les meneurs restaient sans conteste Danièle et Bruno. Un acharnement collectif contre ce dernier le ralentit suffisamment pour l'empêcher de franchir le fil d'arrivée, et nous pûmes alors nous concentrer sur Danièle. Elle réussit tout de même, de main de maitre, à atteindre de justesse le compte gagnant à son tour suivant.

Pointage final : Danièle 100, Bruno 97, Jacques 93, Éric 91, Michel 88, François 84.


La séance de Vinci fut longue et épique, de sorte qu'il était grandement temps de penser à notre souper. Tout le monde s'entendit pour commander au même endroit sauf Éric qui préféra aller chercher son repas au restaurant du coin. Il paya son excentricité par une exclusion du jeu suivant. Les Ludésinvoltes n'acceptent pas la différence et l'individualité. Ceux qui refusent de se conformer sont sévèrement punis.

D'ailleurs, Jacques et Danièle sont passés bien près d'une série de représailles par leur comportement bizarre durant le repas. Leur manie de tout partager entre eux — boisson, nourriture, fluide corporel, etc. — est très suspecte. Seul leur regret manifeste et l'énormité encore visible, malgré les heures écoulées, du plat de bonbons qu'ils avaient amené les a sauvés. De plus, nous pûmes apprendre qu'ils ne partageaient pas leur appréciation au V8 faible en sodium; aimé par Danièle, beaucoup moins par Jacques. Voilà qui les rendait un peu plus humains à nos yeux...

Mamma Mia! BGG

Pendant qu'Éric s'occupait de son souper, le reste d'entre nous avait le temps de terminer les deux premières manches de ce jeu proposé par Danièle. La troisième manche fut complétée après le repas.

Pointage final : Danièle 6, Bruno 5, Michel 4, François 3, Jacques 1.

Chevaliers de la Table Ronde BGG

Le choix du dernier jeu de la soirée se porta sur ce classique à la thématique riche. Contrairement à la dernière partie effectuée dans l'enceinte du club, cette fois, nous décidions de permettre la possibilité qu'un félon soit parmi nous. Très tôt, Jacques déclara à la blague être le félon. C'était très étrange, très louche et il s'attira quelques soupçons. Personnellement, je le surveillai scrupuleusement, prêt à le dénoncer au moindre faux pas. Mais il démontra sa bravoure de chevalier au cours des diverses quêtes et il fut réhabilité.

Éric et Bruno entreprirent de récupérer Excalibur des mains de la dame du lac. Danièle et moi nous occupions respectivement de combattre les Saxons et les Pictes pendant que Jacques choisit la quête du Saint Graal. Cette dernière quête fut particulièrement pénible, le Mal s'acharnait à détruire nos efforts assidus. Il y eut du renfort constant, mais la quête ne fut jamais réussie. Comme c'est souvent le cas, le chevalier noir fut complètement ignoré et gagna 2 ou 3 duels contre lui-même. Quel idiot!

Nonobstant le Saint Graal, donc, le sort sourit à nos héros. Excalibur fut gagnée. Les Pictes et les Saxons défaits. Danièle utilisa finement l'habileté de son personnage lui permettant de quitter « gratuitement » la table ronde et y fit un arrêt avant d'aller combattre Lancelot qui commençait à être très menaçant. Elle réussit la quête avec une facilité déconcertante. À cet instant, l'achèvement de la quête du Graal aurait assuré la victoire à nos chevaliers. Par contre, si un félon non dévoilé se trouvait parmi nous, le Graal n'était pas suffisant pour gagner. Je pris donc l'initiative d'accuser Éric d'être le félon haï. Malheureusement, je me trompais. Éric était un véritable héros et une épée blanche se retourna du côté noir sur la table ronde. Peu après, le chevalier noir remporta un autre duel contre lui-même et une autre épée noire se retrouva sur la table. Tout à coup, le futur apparaissait beaucoup plus lugubre pour la confrérie. Le Graal n'était plus suffisant pour gagner.

François, jugeant que j'avais très mal joué lors de mon accusation fautive, m'accusa à son tour d'être le félon. Moi?!

Il avait raison, le félon que j'étais se dévoila, mais mon sabotage était accompli. Le Mal était sous la bonne voie. Il ne manquait qu'une carte dragon, ou une carte Picte, ou deux catapultes et s'en était fait de ce misérable groupe de chevaliers. La dernière carte dragon se révéla durant le tour suivant et la félonie triompha.

À ce moment, tous me détestaient et, sans aucune hésitation, d'un accord tacite, décidèrent de quitter ces lieux maudits et miasmatiques. Peu m'importait au fond, le Mal n'a point besoin de compagnie et s'accommode très bien de l'abandon.

Merci quand même,

Michel