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Compte-rendu du 27 aout 2006

Joués : Chez Guevara, Sticheln, Stupide Vautour, Acquire, Bluff.
Participants : Michel, Éric, Bruno, Roxane, Jean-François, Any et la main de Yolande Malenfant dans un rôle muet.

Sachant que beaucoup de membres n'étaient pas disponibles cette fin de semaine, j'étais anxieux de connaître le taux de participation de cette session. Il s'avéra que de fidèles amis prirent la relève des infidèles! J'étais d'autant plus heureux qu'il y avait passablement longtemps qu'on s'était vu.

Le problème était que jamais je ne fus aussi mal préparé pour une rencontre que cette fois-ci. J'avais passé la fin de semaine chez mon père, à travailler sur des rénovations et j'arrivai chez moi à 14 h; à l'heure pour le début officiel de la rencontre, mais ne trouvant que désordres, dévastations, horreurs, morts et famines dans tous les coins de la maison.

Éric et Bruno arrivèrent à 14 h 30, en plein milieu de mes efforts de dilatation du continuum espace-temps. Je n'étais pas trop embarrassé du désordre puisque ce sont des habitués; j'oserais même dire qu'ils sont les deux piliers des Ludésinvoltes. Je me suis donc permis de terminer mon ménage et mon thé glacé. Ils ont même eu la gentillesse de m'aider à déménager mes jeux de société du premier au rez-de-chaussée. La soirée pouvait alors démarrer...

Chez Guevara BGG

Bruno nous avait annoncé que Roxane, Jean-François et Any avaient manifesté leur intention de participer à la soirée. Nous prîmes donc soin de choisir des jeux de courtes durées en les attendant. Le premier choix se porta sur cette nouvelle acquisition qu'Éric avait apportée. Il s'agit d'une variation du jeu Chez Geek BGG. J'avais déjà essayé ce dernier et n'avais pas été impressionné. Je ne peux pas dire que j'appréciai beaucoup plus cette nouvelle mouture. Le principe du jeu est le même que Chez Geek : amasser le plus de « slack points »; autrement dit, devenir le personnage le plus lâche et paresseux autour de la table. Je dois avouer qu'appliquer cette mécanique au contexte d'une révolution me semblait douteux dès le départ. Je suis persuadé que ce choix de thème de la part de l'auteur ne fut justifié que par le calembour du titre.

Blâmez mon sens de l'humour déficient, mais je ne trouvai pas les blagues des cartes et les dessins plus drôles que le Chez Geek original. Je trouve le jeu Munchkin BGG du même auteur beaucoup plus drôle et engageant. J'ai cependant fait une découverte intéressante lors de cette partie. Ces deux jeux, Munchkin et Chez Geek, sont tout à fait similaires au Mille Bornes BGG, en ce sens qu'il s'agit de jeux de cartes se déclinant en une course et offrant aux joueurs des cartes d'obstacles à appliquer aux adversaires et des cartes de progression pour contrer les cartes d'obstacles. Les seules différences sont les thèmes et la variété des cartes. Ayant réalisé cela, je suis plus à l'aise de ne pas aimer ces récentes incarnations. Au moins, la partie fut serrée, ajoutant un zeste de plaisir à cette expérience ordinaire.

Pointage final : Michel 20, Éric 19 et j'ai oublié le pointage de Bruno.

Je me rends compte que je suis très dur et j'invite ceux (Éric?) qui ne sont pas d'accord avec mon analyse à se manifester...

Sticheln BGG

Désirant ensuite me purifier de cette sordide activité que fut Chez Guevara, je choisis Sticheln, l'ultime jeu de levées. Notre dernière partie remontait au mois de mai et il était grand temps de renouer le plaisir. Naturellement, ce jeu est si tordu et contre-intuitif que notre première manche en fut une de réadaptation. Nous venions à peine de compléter la troisième manche lorsqu'Any, Jean-François et Roxane arrivèrent.

Nous prîmes le temps de nous échanger les dernières nouvelles et de jaser un brin. Je me rappelle soudain que l'une des nombreuses raisons qui me firent démarrer cette activité est mon désir purement égoïste de retrouver plus souvent ces trois amis qui me sont chers. Ne serait-ce que pour cette raison, je considère les Ludésinvoltes comme étant un succès! Je suis désolé de vous imposer cet interlude émotif qui fait tendre ce compte-rendu vers le journal personnel, mais cela devait être dit!

Roxane qui se souvenait avoir aimé Sticheln le réclama immédiatement. Je sens que je me répète, mais le sentiment que ce jeu ne doit pas se jouer à plus de quatre joueurs se confirme de plus en plus. Le déroulement d'une partie en est trop altéré. Chaque joueur a beaucoup moins de contrôle et les manches sont plus imprévisibles. En soi, ça ne serait pas nécessairement négatif. Par contre, les parties deviennent trop longues à mon goût. La preuve qu'il n'y a pas de stratégie valable à appliquer lorsque les joueurs sont si nombreux est que je réussis à dominer tout le long de la partie, exploit que je serais incapable d'accomplir en temps normal. Par contre, Roxane fut presque toujours dans le rouge. Chuuuuut...

Nous fîmes une pause après la troisième manche afin que je puisse prendre les commandes pour le repas. Malgré la petitesse du groupe, ça fut très compliqué. On fît appel à deux restaurants différents et chacun partagea son repas parmi ces deux restaurants.

Nous achevâmes ensuite la partie par les deux manches restantes. Contre toute attente, Éric me doubla lors de la dernière manche et gagna d'un point! Roxane réussit à se rendre dans le positif à temps pour sauver les apparences. La palme de la meilleure remarque de la partie, si ce n'est pas de la soirée entière, revient à Roxane qui, en parlant de son dilemme relativement à une levée, affirma : « Si je ne la comprends pas, je ne la prends pas ».

Stupide Vautour BGG

Sachant que le repas était sur le point d'arriver, le choix de ce jeu allait de soi. Roxane prit une pause pendant notre partie que nous pûmes terminer à temps pour l'arrivée du premier livreur. J'ai malheureusement oublié qui fut le gagnant.

Acquire BGG

Il faisait longtemps que je désirais essayer ce classique des années 60 avec un effectif complet... c'est-à-dire six joueurs. Il s'agissait d'une première partie pour Roxane, Any et Jean-François. Dès le départ, le nord-ouest du plateau se peupla de petites compagnies et chacun avait sa petite idée sur laquelle de ces compagnies serait absorbée la première. Pendant ce temps sur Tatooine, les imposantes compagnies Quantum et Phoenix s'établirent dans des régions plus désertiques, loin de l'action. Malgré un développement généralement très localisé, la première fusion fut lente à venir, mais les suivantes s'enchaînèrent très rapidement. Chaque joueur eut la chance de profiter, à divers degré, de revenus de compagnies absorbées. Je n'ai pas besoin de préciser que c'est crucial pour avoir une chance de remporter la victoire. Après la première fusion, contrairement à nos expériences précédentes, les joueurs furent rarement en pénurie d'argent. Je soupçonne que c'était causé par le nombre de joueurs, le plateau se remplissant plus vite durant un tour de table.

Remarquant qu'Any n'achetait pas le maximum d'actions permit à chaque tour, je soulignai stupidement qu'il fallait dépenser de l'argent pour en gagner. Je dis stupidement puisque, avec sa stratégie de prudence et de parcimonie, elle réussit à gagner la partie. Et je ne comprends pas encore comment elle s'y est prise! Elle réussit à se faufiler parmi les actionnaires majoritaires ou, plus typiquement, minoritaires dans la plupart des fusions et bénéficia de dividendes constants. Je m'excuse auprès d'Any; je ne douterai plus jamais de sa puissance d'analyse économique! Jean-François nous avait fait un coup similaire en démontrant un troublant talent de négociateur lors de notre dernière partie de KoeHandel. Et, ici il termina bon deuxième.

Pointage final : Any 32 M$, Jean-François 30,8 M$, Michel 30,6 M$, Éric 28 M$ et j'ai oublié les pointages de Bruno et Roxane.

Je ne crois pas me tromper en affirmant que tout le monde a bien aimé son expérience. Je crois que c'est un jeu qui peut paraître intimidant au premier abord mais qui passe généralement très bien. Il s'agit d'un jeu plus « familial » qu'il n'y paraît. Et je peux maintenant déclarer qu'il est aussi passionnant à six joueurs qu'à trois ou quatre.

Bluff BGG

Courbé sur mon clavier à bricoler ce compte-rendu, je suis surpris de découvrir que nous n'avions pas encore sorti ce jeu dans le contexte des rencontres Ludésinvoltes. Il s'agit pourtant d'un choix idéal pour clôturer une soirée, pour se détendre un peu, particulièrement suite à une expérience aussi intense comme le fut Acquire. Piquer un petit somme est aussi une bonne méthode qu'adopta Any en se retirant au salon et en se laissant bercer au doux son du jazz.

Bluff est aussi connu sous le nom de Liar's Dice, Perudo et plusieurs autres pseudonymes. Il s'apparente aussi au célèbre jeu Bullshit et a même fait son apparition dans le récent film Pirates of the Caribbean. Naturellement, la machine hollywoodienne ne manqua pas de produire une version du jeu à l'effigie de ce film.

Nous avons joué trois parties très amusantes. La première partie fut spécialement excitante. Jean-François et moi étions éliminés et la main de chacun des trois autres joueurs (Bruno, Roxane et Éric) était réduite à un seul dé. Bruno contesta la surenchère d'Éric qui affirmait que les trois dés montraient la face « 3 ». C'était une contestation tout à fait raisonnable et il aurait été difficile pour Bruno de surenchérir. Le dévoilement des trois dés démontra cependant qu'Éric avait tout à fait raison. Chaque dé était un « 3 » ce qui fit perdre le dernier dé des deux autres joueurs et donna la victoire à Éric. Malheureusement, je suis incapable de me rappeler le déroulement des deux autres parties.

La soirée s'acheva par une discussion à bâtons rompus et, finalement, la complexité des commandes du souper revint nous hanter lorsque vint le temps de déterminer si quelqu'un me devait quelque chose. Je devrai définitivement trouver une solution élégante à ce problème de partage...

À la prochaine!

Michel