Joués : Sticheln, Vinci, New York Chase, 6 qui prend!, Les loups-garous de Thiercelieux, Medici, Les Aventuriers du rail, Mystère à l'Abbaye, Terra et Tempête sur l'échiquier.
Participants : Michel, Bruno, Éric, Roxane, Josée, François, Pierre-Luc, Jean-François, Any, Alexandre.
Je regrette d'avoir à déclarer que cette soirée fut pour le moins insultante à mon égard. Vous comprendrez pourquoi si vous lisez ce compte-rendu. Et moi, tel un masochiste enthousiaste, je m'empresse de vous inviter derechef à une autre rencontre...!
Cette fois-ci, Bruno, Éric et Roxane arrivèrent les premiers vers 14 h 30. La poussée socialisante de notre quatuor fit en sorte que Josée et François eurent le temps de se pointer avant que nous ne sortions le premier jeu. Mais, ces derniers, impatients comme toujours, ne tardèrent pas à corriger cette insouciance.
Sticheln
Vous vous rappellerez peut-être que ce jeu fut sorti lors de la rencontre précédente le temps d'une manche impliquant Any, Jean-François et Michel. Peut-être vous rappelez-vous également qu'il s'agit d'un préféré de Bruno, Éric et moi-même. Cependant, jusqu'à maintenant, nous n'avions eu l'occasion de jouer que des parties à trois joueurs (comme la couleur des cartes en témoignait) et une ou deux à quatre joueurs. Ainsi, une partie à six joueurs était séduisante.
La conclusion est qu'il n'est pas plus facile à jouer à six joueurs qu'à trois. Encore une fois, chaque pli est une torture! Dans mon cas, je peux même dire qu'il était plus difficile puisque les stratégies utilisées à trois joueurs ne s'appliquent pas du tout à six joueurs. Ce fut tout de même une partie agréable qui a semblé plaire à tous les joueurs. Peut-être, en partie, à cause de la première insulte de la soirée qui m'affligea. Pouvez-vous m'expliquer comment un joueur aguerri comme moi peut finir avant-dernier avec un pointage négatif?
Pointage final : François 30, Éric 22 (aussi habile que de coutume à ce jeu), Roxane 17, Bruno 12, Michel -8 et Josée -22.
Pierre-Luc s'est présenté au milieu de la partie avec son épicerie sous le bras et se précipita immédiatement sur le four afin de cuisiner un plat de nachos. Ce qui fit dire à certains qu'ils étaient mieux reçus chez moi lorsque Pierre-Luc s'y trouvait. Une autre cruelle insulte!
Pendant que Josée allait fermer les portes de sa maison en visite libre, le groupe se sépara en deux.
Vinci
Le premier groupe, formé de Bruno, François, Roxane et Jean-François décidèrent d'ensanglanter l'Europe. J'appris de la partie qu'elle fut très serrée, à l'image de notre dernière partie à quatre joueurs, et que Jean-François réussit à se distancer durant les quelques derniers tours, remportant la victoire. Je ne sais pas ce que les nouveaux joueurs ont pensé de ce jeu, mais, étant l'un de mes favoris, je serais intéressé de le savoir.
New York Chase
La principale raison pourquoi Bruno se retrouva dans le groupe Vinci est qu'il déteste New York Chase. Cela faisait quelques mois que j'essayais de le contraindre, euh... de le convaincre de faire une partie. J'étais donc content d'être capable de recruter quelques personnes intéressées par ce classique. Nous préparâmes le jeu en attendant le retour de Josée et tirâmes au sort le rôle de monsieur X, le fugitif. Je considère que le joueur échouant de cette responsabilité profite d'une bien meilleure expérience que les autres joueurs qui collaborent pour le coincer. Selon mon expérience limitée, le stress et l'adrénaline sont bien palpables pour monsieur X. Si vous avez bien suivi, jusqu'à maintenant, vous aurez compris que l'équipe de détectives était formée de Josée, Éric, Any et votre hôte incompétent. Pierre-Luc incarna monsieur X.
Un problème du jeu est que les erreurs sont faciles à commettre pour le solitaire monsieur X. Particulièrement lorsqu'il s'agit de sa première partie ou que ça fait longtemps qu'il n'a pas joué. Et une erreur du fugitif est généralement fatale à plus ou moins longue échéance. Pierre-Luc n'a pas fait d'erreurs flagrantes, mais il se retrouva tout de même en assez mauvaise posture la première des quatre fois où il avait à dévoiler sa position. Il dut ainsi épuiser assez rapidement ses tickets taxis, coup double et cartes noires. Malgré tout, il réussit à nous échapper assez longtemps, mais se fit prendre à bout de souffle (ou à bout de taxis) au tour 19. Trois tours supplémentaires et il gagnait la partie.
6 qui prend!
Alexandre arriva en plein milieu de notre partie de New York Chase et assista à la déconfiture de monsieur X. À la fin de notre partie, nous vérifiâmes l'état de la partie de Vinci et décidâmes de combler le temps restant par une partie de 6 qui prend! La légèreté de ce jeu permit à Pierre-Luc de produire un second lot de nachos, plus fromagé.
À six joueurs, 6 nimmt! s'avéra, comme prévu, plutôt chaotique, mais tout à fait amusant. Les retournements de situation sont beaucoup plus nombreux lorsque le nombre de joueurs est élevé. J'accumulai 30 points lors de la dernière manche; ce qui fut toutefois inférieur au record de 36 points d'Éric à la première manche ou le 34 d'Any à la troisième. Je vous rappelle que le but du jeu est de ne pas faire de points!
Pointage final : Michel 44, Alexandre 50, Any 62, Éric 65 et Pierre-Luc 69 (aucun commentaire!).
La moitié des participants s'étant bourrée la panse de nachos, les convives furent moins nombreux que prévus. Seuls Jean-François, Any, Roxane, Éric, Bruno et moi-même décidâmes de faire appel à St-Hubert pour combler notre appétit. En attendant les boîtes jaunes, j'eus enfin le plaisir de jouer mes trois premières parties de...
Les loups-garous de Thiercelieux
Cela fait maintenant cinq années que j'anime des parties de loups-garous familiaux chaque jour de l'an. Même si assister à une partie est amusant, je brûlais de prendre part à cette expérience de jeu. C'était tout de même assez étrange de se retrouver de l'autre côté du rideau. Et ça a plutôt mal commencé; les gens du village se riant de mon afro et y voyant un signe de lycanthropie avant même le début de la première partie; troisième insulte. Refusant de jouer, Bruno anima toutes les parties d'une main de maître avant l'arrivée du livreur.
Par la suite, après maintes tergiversations, les grévistes de la faim (François, Josée, Alexandre et Roxane) commencèrent une partie de Medici
. Malheureusement, tout attentionné que je fus par le repas, je n'ai aucune information sur le déroulement de la partie.
Cette fois-ci, la discussion prandiale tourna surtout autour de la décoration intérieure. À part quelques remarques désobligeantes de la part de Roxane à propos de ma bande de tapisserie ornée de pommes (quatrième insulte), ce fut un repas très agréable.
Ensuite, pendant que Josée, François, Alexandre, Bruno et Jean-François démarraient une partie des Aventuriers du rail
, les autres joueurs choisirent d'entreprendre un pèlerinage.
Les moines-enquêteurs étaient donc Roxane, Pierre-Luc, Éric et Michel. Je fus témoin d'une première à ce jeu : personne n'oublia de déplacer la cloche ou de sonner la messe lorsque c'était leur responsabilité. Il est vrai que j'étais habituellement le responsable de tels oublis coûteux et je me concentrai très fort, cette fois-ci, pour éviter de commettre cette erreur.
Cette partie se distingua par l'arsenal de révélations qui furent faites : huit en tout!
Soeur Roxane était constamment déchirée entre son désir d'aller à la bibliothèque et son plaisir de voler les cartes de ses adversaires. Son penchant kleptomane l'emporta et elle fut la seule à ne pouvoir réduire sa main suffisamment pour mériter le droit de visiter cette puissante bibliothèque. Par contre, frère Éric profita d'un net avantage lors de sa visite et gagna le droit de consulter la main complète du joueur à sa gauche, frère Pierre-Luc. Connaître la main du joueur de gauche à ce jeu est vraiment un avantage considérable. Cela l'a sûrement aidé à faire l'accusation finale et à gagner la partie.
Pointage final : Éric 8, Michel 6, Pierre-Luc 1 et Roxane -1.
À la fin de la partie des Aventuriers du rail, Jean-François, Any, Josée et François quittèrent. Il était environ 21 h.
Terra
Pierre-Luc désirait aussi quitter, mais ne pût résister à une partie de Terra. Son sens écologique développé et son ferme engagement social d'améliorer le sort de l'humanité, de la sauver de toutes les menaces qui la guettent était plus fort que sa fatigue de la journée! Les autres joueurs étaient Éric, Roxane et Michel. Seuls Éric et moi-même avions déjà joué, une seule fois. Lors de cette dernière partie, j'avais apprécié l'expérience psychologique de ce jeu à la fois collaboratif et antagoniste. Je trouvais que le mécanisme du jeu démontrait bien pourquoi l'homme avait amené la planète à l'état lamentable où elle se trouve actuellement. Et je peux comprendre que cette démonstration rende certaines personnes mal à l'aise.
Le hasard fit que les crises se retrouvèrent loin dans la pile, nous donnant un faux sentiment de sécurité et nous obligeant à écarter ou jouer des trios égoïstes de façon prématurée. Peut-être est-ce la raison qui fit que cette partie fut moins intéressante du point de vue psychologique. Ou peut-être est-ce tout simplement le jeu lui-même qui n'est pas aussi intéressant que je l'avais initialement cru. Et voilà possiblement l'insulte finale de la soirée : qu'un jeu que j'ai choisi s'avère un fiasco! Je m'en excuse auprès des participants... Ce n'est certainement pas la façon idéale de terminer une soirée par ailleurs bien réussie.
Un peu avant le début Terra, Bruno et Alexandre commencèrent une partie de Tempête sur l'échiquier
.
Ces deux parties et le disque de chants religieux russes se terminèrent tous les trois en même temps, à la seconde près. Quel synchronisme! C'était le signe indéniable qu'il fallait aller se coucher...
Vous remerciant, encore une fois, de votre participation.
Michel

