*Le texte ainsi encadré contient une brève description du jeu qui peut très bien être ignorée.
Joués : Quatre-vingt-dix-neuf, Caylus, Stupide Vautour et Bamboleo.
Participants : Michel, Éric, Bruno, Jean-François, Any.
Je pense que cette session fut pour moi, de toutes les sessions passées, la plus épuisante. Et ce n'est pas la faute des participants : Éric, Bruno, Jean-François et Any. Je blâme Caylus! Continuez votre lecture si vous voulez savoir pourquoi...
Bruno et Éric arrivèrent un peu plus tôt qu'à leur habitude, vers 14 h 15. Il est probable que ces rencontres leur avaient manqué! Quelques banalités plus tard, nous entamions le premier jeu de la journée.
Quatre-vingt-dix-neuf
Ce jeu qui ne demande qu'un paquet de cartes traditionnelles me trottait dans la tête depuis quelques semaines déjà. Il m'intriguait grandement.
À la base, il s'agit d'un jeu de levées ordinaire. Chaque joueur doit s'imposer un contrat secret : le nombre de levées qu'il pense accomplir durant la manche. La particularité intéressante du jeu est que le contrat est défini par exactement trois cartes de sa main que chaque joueur doit mettre de côté face cachée. Un trèfle vaut 3 levées, un coeur 2, un pique 1 et un carreau 0. Par exemple, si je pense faire quatre levées, je dois écarter un trèfle (3), un pique (1) et un carreau (0) ou deux coeurs (2 + 2) et un carreau, ou deux piques (1 + 1) et un coeur (2). Durant cette phase, il s'agit donc de jongler avec les cartes de contrat et les cartes qui serviront à jouer la manche jusqu'à en arriver à quelque chose d'acceptable. Parfois, il faut carrément inverser notre réflexe initial à cause des couleurs (non) disponibles dans notre main.
Je ne suis pas sûr que le sentiment fut partagé par Bruno et Éric, mais, personnellement, j'ai trouvé ce jeu intéressant. Il jette un nouvel éclairage sur un mécanisme vieux comme le monde. Il s'agit d'un jeu expressément conçu pour trois joueurs, ce qui est déjà assez rare. Il est bon et c'est encore plus rare.
Caylus
Le jeu de société de l'heure, planétairement parlant. Rien de moins. La ferveur que ce jeu a provoquée depuis sa sortie il y a moins d'un an constitue un phénomène en soi.
Bruno, ayant manifestement développé un intérêt pour ce jeu, le suggéra. Mais, à peine avions-nous terminé la mise en place que Jean-François et Any sonnèrent. La partie à trois se transforma donc en partie à cinq joueurs. Je dois avouer que j'étais un peu réticent à présenter ce jeu à deux nouveaux joueurs. Il n'est pas simple, ni court. J'admets maintenant que mes craintes n'étaient pas fondées. Ce fut une partie enlevante qui se termina rapidement considérant que nous étions cinq, que deux joueurs n'avaient jamais joué et que les trois autres n'étaient pas experts non plus (ni même « à l'aise », dans mon cas). Il faut savoir qu'il s'agit d'un jeu exigeant. Les possibilités s'offrant aux joueurs à chaque tour sont immenses et il est souvent difficile de voir quelle est la meilleure voie à suivre. Ce jeu se retrouve indubitablement (!) parmi mes 4 ou 5 jeux le plus taxant intellectuellement.
Ce fut une partie incroyablement serrée tout le long. Il était fascinant de voir les différentes stratégies des joueurs produire des résultats qui se valaient entre eux. C'est évidemment le signe que le jeu est très bien équilibré et qu'il n'y a probablement pas de stratégie « gagnante à tout coup ». Je crois que tous les joueurs ont bien apprécié (dites-le-moi si je me trompe) malgré la faim qui nous tiraillait tous lors des derniers tours. Naturellement, Bruno, à l'esprit éminemment puissant, remporta la victoire, mais les autres joueurs formaient tout de même un peloton serré pas très loin derrière lui. Passionnant, exigeant et, dans mon cas, épuisant. Il était 18 h, j'étais complètement vidé et la bouffe devenait tout à coup très prioritaire.
Après de telles émotions et un repas très agréable entre gens civilisés, il n'était pas question d'enchaîner avec quelque chose de lourd. En fait, mon épuisement était toujours palpable et j'avais bien l'intention de ne terminer la soirée qu'avec des jeux légers. Mon âge me trahit.
Stupide Vautour
En ce qui concerne la légèreté, il ne se fait pas beaucoup mieux que Raj, édité en français sous le nom de Stupide Vautour. Il s'agit d'un jeu de cartes où les surprises et les exclamations sont nombreuses. Règles très simples, graphisme humoristique et partie très courte faisaient de ce jeu un choix idéal en cet instant de digestion intense. Le plus étrange est que Bruno le suggéra; lui qui est si maladroit à ce jeu!
Ici, ma mémoire me fait défaut. Je pense que nous avons joué trois parties. Je sais que les parties furent très enjouées. Je sais que j'en ai gagné une et que Jean-François en a gagné une autre, mais je ne suis plus sûr de savoir qui a gagné la troisième (Jean-François?) ou même s'il n'y a pas eu plus de trois parties. Désolé! Si jamais un des participants peut compléter ou préciser ce tableau, je lui en saurais gré.
Bamboleo
Si vous avez le moindrement porté attention à mes rapports précédents, vous ne serez pas surpris d'apprendre que Bamboleo se retrouva, encore une fois, chancelant, sur la table. J'avoue que, pour ma part, le plaisir commence à s'émousser. Mais, l'intérêt y est encore. Un peu comme pour PitchCar, Les Colons de Catan et Croquignole, le confort a remplacé le sentiment de nouveauté.
Très rapidement, Any a pris une avance appréciable. Mais, comme c'est souvent le cas, le vent a tourné. La stabilité n'est pas le meilleur mot décrivant ce jeu!
Pointage final : Bruno 230, Michel 181, Éric 163, Jean-François 161 et Any 127.
La soirée touchait à sa fin. Quelques discussions supplémentaires afin d'arrondir à 21 h et, voilà, une autre rencontre réussie.
Merci à tous,
Michel

