*Le texte ainsi encadré contient une brève description du jeu qui peut très bien être ignorée.
Joués : C'est qui qu'a pété?, La Città, Blokus, Au voleur!, Escalation!, Stupide Vautour, Animalia, Trias.
Participants : Michel, Jacques, Danièle, Éric, François, Caroline, Pascal.
Avec le temps, les débuts de rencontres sont devenus très confortables. Non pas que ma médiocrité en tant qu'hôte se soit résorbée. Les invités sont simplement plus à l'aise. Les Ludésinvoltes sont presque devenus une deuxième demeure. Cette fois ne déroge pas à la règle et le flottement avant d'entamer le premier jeu est très confortable et empli de conversations stimulantes. En fait, je me rends compte que le confort de certains invités est peut-être excessif; Danièle se permettant de me harceler obsessionnellement pour tenter de me convaincre de participer au party de bureau prochain. Vous me voyez, moi, dans un party? Inconcevable! Parlant de party, le titre du premier jeu colle tout à fait.
C'est qui qu'a pété?Je propose ce jeu en attendant l'arrivée d'autres invités. Il s'agit d'un jeu à découper offert dans un numéro de la revue spécialisée Jeux sur un Plateau. Cet exemplaire m'a lui-même été offert gratuitement lors de ma visite à la Fiesta Ludiq quelques jours auparavant.
En bref, le principe du jeu est de dévoiler une carte « pet » et chaque joueur peut décider de nier en être l'auteur ou avouer la faute. Celui qui avoue verra son pet diminuer de valeur alors que si tout le monde renie, le joueur coupable subira la valeur maximale du pet. Une fois le paquet de pets épuisé, celui qui a amassé le moins de points de pet gagne la partie.
Malheureusement, malgré tous nos efforts à injecter de l'ambiance au jeu, thème scatologique oblige, nous nous avérons incapables de le rendre intéressant ou même amusant. D'un côté, les stratégies ou tactiques sont absentes et, d'un autre côté, l'humour des cartes tombe à plat et le déroulement est ennuyant. Il s'agit d'une variante à peine plus complexe du traditionnel jeu de bataille.
Cependant, contrairement à Jacques et Danièle, je refuse, par principe, de lui donner la cote la plus basse après une seule partie et je n'arrive pas à convaincre le couple d'en faire une deuxième. Aussi, je doute que ce jeu ressorte un jour du placard. Jacques se montre, quant à lui, tout à fait scandalisé que j'aie mis autant de soin à le bien construire (découper). Le commentaire assassin résumant bien le jeu est proféré par Éric ayant assisté à la fin de la partie : « Ce jeu pue! »
Pointage final : Aucune idée ni importance.
Appréciation : Jacques 1/5, Danièle 1/5, Michel 2/5
François nous fait l'honneur de sa présence au moment où notre courte et socialement épanouissante pause repas se termine. Il propose ce jeu qui, par sa qualité et sa rareté, est une espèce de Saint-Graal chez les joueurs anglo-saxons.
Je commence tant bien que mal mes explications sous le regard hébété d'un Jacques médicamenté. C'est alors que Pascal et Caroline franchissent à leur tour le seuil des Ludésinvoltes. Ils s'installent à la deuxième table et prennent le temps de diner pendant que je termine mes explications de La Città pour ensuite les rejoindre.
La partie se fait donc à quatre joueurs : Éric, François, Danièle et Jacques. Ils sont tous contents du jeu, mais le trouvent trop long. La présence du Penseur combiné au fait qu'il s'agissait d'une première partie pour tout le monde sauf Éric n'a certainement pas aidé. Il semble que l'effet des médicaments a grandement compromis le pointage de Jacques. C'est du moins ce qu'il réussit à affirmer sans rire.
Pointage final : Éric 33, François 27, Danièle 25, Jacques 4
Appréciation : Éric 4/5, François 4/5, Danièle 4/5
Pendant ce temps, Caroline, Pascal et moi entamons une partie très détendue de Blokus. Ce jeu léger supporte très bien une conversation touffue et nous ne nous gênons point. Les discussions passionnantes s'enchainent tout au long de la partie, elle-même tout aussi captivante. Expérience agréable, quoi!
Par professionnalisme et équité, je copie ici le commentaire laissé par Pascal dans le carnet Ludésinvoltes, même s'il est peu flatteur à mon endroit : « Michel a su faire suffisamment pitié pour qu'on le laisse tranquille et s'emparer subtilement de la victoire. » Tout ça n'est que calomnie! Je dirais même conspiration puisque Caroline note juste en dessous : « Je seconde! »
Pointage final : Michel -9, Caroline -16, Pascal -22
Appréciation : Michel 4/5, Caroline 5/5, Pascal 5/5
À notre plus profond désarroi, Caroline et Pascal nous avaient avoué de but en blanc n'être que de passage. Nous profitons des brefs instants qui leur restent pour faire quelques manches de ce fantôme ayant hanté notre enfance. Malgré qu'il ne soit pas jeune, il fut créé en 1979, Au Voleur! a certainement bien vieilli. Le mélange de jeu électronique et de jeu de société est très bien réalisé et la recette est probablement restée inégalée depuis tout ce temps.
Commentaire de Pascal : « Un classique qui dépoussière bien des souvenirs d'enfance! C'est payant de prendre des chances! Super après une couple de tours! » La prise de chance se réfère à Caroline qui, à deux reprises, alors que le voleur pouvait être à deux endroits différents a tenté une arrestation. La première fois, il s'agissait d'une fausse arrestation et cela lui couta son permis de détective. Sa deuxième tentative fut plus fructueuse. Chacun de nous ayant réussi une arrestation, le pointage de cette partie écourtée est très serré.
Pointage final : Caroline 1300, Pascal 1200, Michel 1100
Appréciation : Caroline 5/5, Pascal 5/5, Michel 4/5
L'heure de tous les déchirements a sonné et nous faisons nos adieux à Pascal et Caroline. La partie de La Città se termine et nous prenons une petite pause pour discuter et passer les commandes du souper.
En attendant nos protéines, nous avons le temps d'enchainer quelques parties d'Escalation! Les règles sont simples, les situations amusantes, le rythme rapide, les parties courtes et le plaisir réel. Il remplit bien son rôle d'intermède.
Première partie : Danièle 3, Michel 3, François 11, Jacques 12, Éric 26
Deuxième partie : Jacques 2, Éric 3, François 7, Michel 13, Danièle 29
Troisième partie : Michel 0, François 1, Éric 10, Danièle 15, Jacques 22
Quatrième partie : François 4, Michel 5, Jacques 10, Danièle 16, Éric 20
Cinquième partie : François 5, Éric 5, Jacques 9, Danièle 18, Michel 18
Sixième partie : Danièle 1, François 10, Éric 11, Michel 16, Jacques 17
Appréciation : François 4/5, Éric 4/5, Michel 4/5, Jacques 4/5, Danièle 5/5
Malgré toutes ses qualités, après six parties d'Escalation!, je commence à être écoeuré et propose cet autre jeu tout aussi rapide. François a certainement bien compris les règles car, malgré qu'il n'ait jamais joué, il réussit à gagner la seule et unique partie qu'on a le temps de faire avant que nos repas sonnent à la porte (licence poétique).
Pointage final : François 16, Éric 14, Michel 10, Danièle 0
Appréciation : François 4/5, Éric 3/5, Michel 4/5, Danièle 3/5
Après un repas très animé et agréable, nous passons à ce court jeu qui sera le dernier pour Jacques et Danièle; épuisés par le manque de sommeil, la maladie et Charles-Olivier. Comme toujours, je suis en béate admiration devant les cartes qui rendraient même C'est qui qu'a pété agréable à jouer. Heureusement, le jeu est, de loin, meilleur et la partie est très amusante.
Pointage final : Danièle 24, Michel 21, François 20, Éric 18, Jacques 14
Appréciation : Danièle 4/5, Michel 4/5, François 5/5, Éric 4/5, Jacques 3/5
Profitant d'une pause le temps que Jacques rapaille la marmaille (deux « enfants » forment-ils une marmaille?), François prend l'initiative de sélectionner quatre jeux qui l'intéressent. Une inspiration aussi soudaine que singulière s'empare alors de mon être. Je laisse Éric éliminer un jeu et j'en élimine un moi-même. Le choix final entre les deux jeux restants revient à François. C'est une façon officieuse de donner un droit de véto aux participants officiellement prohibé par le règlement du groupe. J'essaierai de ne pas oublier cette méthode efficace de sélection.
Trias
Le jeu choisi est très particulier et se retrouve rarement sur la table. C'est une première pour les Ludésinvoltes et pour François.
Le thème du jeu est l'expansion d'une population de dinosaures, chacun étant responsable de son propre clan, et la mécanique principale est la dérive des continents. La partie commence avec Pangée, une masse compacte de tuiles. Chaque joueur devra ensuite, à son tour, faire migrer une tuile, provoquant éventuellement la formation de continents, tout en développant sa population afin d'acquérir la majorité sur ces continents.
Le début de la partie est plutôt ardu. On ne sait pas trop quoi faire. D'un autre côté, lorsque les possibilités tactiques et stratégiques s'ouvrent, les choix se montrent délicieusement difficiles. Il y a une progression constante de la tension et, avec le temps, les choix sont de plus en plus intéressants. Trias est un excellent exemple d'un suspense bien dosé et d'un apogée arrivant à point nommé.
François trouve une stratégie fascinante qui consiste à former un continent où il est massivement majoritaire pour ensuite noyer le surplus de populations afin de récupérer les pièces pour les distribuer ailleurs. Très darwinien! Malheureusement pour lui, le temps lui manque et il ne réussit pas à redistribuer tous ses dinosaures. Il est difficile de dire si sa stratégie était viable considérant la grande plasticité du jeu et ses possibilités nombreuses.
Pointage final : Michel 26, Éric 23, François 19
Appréciation : 4/5 partout
François et Éric sont, à leur tour, réclamés par leur lit et ainsi se termine la rencontre. Encore une fois, elle fut un succès incontesté et je remercie tous les participants d'avoir participé à ce succès.
Michel

