Joués : Silk Road, Oshi, Sleuth, PitchCar, Thurn and Taxis.
Participants : Michel, Éric, Bruno, Danièle, Jacques, François, Josée.
Permettez-moi d'être aussi brutal qu'un alcoolique en retraite forcée : cette dernière rencontre ne fut pas la plus réussie. Je me console en me disant qu'elle n'était pas typique et que les occasions de faire mieux ne manqueront pas dans les mois à venir. Quand même, tout n'était pas que torture et pestilence; la lumière perça les ténèbres à quelques reprises.
Éric et Bruno arrivèrent peu après 14 h et ce dernier amenait avec lui quatre nouvelles acquisitions : Power Grid
(loin d'être l'un de mes préférés), Thurn and Taxis
(gagnant du jeu de l'année en Allemagne), Silk Road
et Oshi
. Ils furent suivis de près par Danièle et Jacques et, ne sachant pas quand les autres arriveraient, nous décidions de commencer immédiatement notre première partie.
La prémisse du jeu — chaque joueur est membre de la même caravane et tente de s'enrichir durant son périple à travers l'Asie — et les mécanismes étaient très attrayants, mais je dois dire que je fus déçu par le résultat final. Le jeu s'étire trop dans la durée et pas assez dans le plaisir. De plus, il semble qu'un joueur peut facilement se retrouver dans un semi-cul-de-sac sans qu'il en soit vraiment responsable; seulement par la façon dont les autres jouent autour de lui. Éric en fut victime et ce ne dut pas être drôle pour lui. Cependant, on ne doit pas se fier à une première partie, jamais. Je me réserve donc le droit de réviser mon opinion, situation rarissime chez moi.
Pointage final : Jacques 43, Bruno 36, Danièle 30, Michel 26, Éric 20.
Oshi
François et Josée, arrivés 30 minutes avant la fin de notre partie, s'installèrent à une deuxième table pour essayer cette nouveauté du même éditeur que Tsuro
qui fut déjà l'objet de quelques commentaires dans les comptes-rendus précédents. Je n'ai malheureusement recueilli aucun commentaire du jeu. Tout ce que je sais est qu'ils eurent le temps de terminer deux parties et qu'ils en gagnèrent chacun une.
Sleuth est un jeu de déduction que Bruno apprécie spécialement. Il voulait l'essayer à effectif complet, à 7 joueurs; ce que l'on fit. Grosse erreur! C'était complètement interminable. Le temps d'attente entre deux tours était ridiculement long et je ne crois pas que personne ne raffola vraiment de la partie. D'autant plus qu'un joueur éliminé après une fausse « accusation » doit rester dans la partie pour répondre aux questions, mais ne peut rien faire d'autre.
François fut le premier à subir ce sort. Bruno suivit quelques tours plus tard. Jacques fut le troisième à tenter une réponse et il se trompa aussi. Peu après, me rendant compte que mes notes étaient fausses et que je ne pouvais pas me fier à aucune de mes déductions, je tentai ma chance parmi la quinzaine de cases libres qu'il me restait. Bien sûr, je fus éliminé. Josée le fut aussi peu après. Si vous comptez bien, il ne restait qu'Éric et Danièle en jeu. Éric fut le suivant à tenter sa chance (il n'avait pas encore éliminé toutes les possibilités) et, grand bien lui fasse, tomba sur la bonne réponse.
Cette partie épuisante exigeait une période de repos. Les quelques minutes précédant le repas furent consacrées à circuler dans cette melasse cérébrale onctueuse. Le repas lui-même fut plus dynamique et enjoué que le jeu le précédant. Et Dieu vit que cela était bon.
PitchCar
Malheureusement pour Josée et François (et pour nous) leurs responsabilités les obligeaient à nous quitter. Être un adulte est vraiment une tare! Jacques et Danièle, quant à eux, n'avaient le temps que pour une seule autre activité ludique. Côté dessert, il se fait difficilement mieux que ce classique jeu de dextérité.
PitchCar est presque toujours spectaculaire et cette fois-ci ne fut pas différente. Les deux nouveaux à ce jeu, Danièle et Jacques se démarquèrent souvent par des coups de maitre. Jacques nous domina presque tout le long et fut très régulier en utilisant 5 coups à chaque tour de piste, dominant sans aucune trace de doute, son homonyme Villeneuve dans sa maitrise du volant.
Pointage final (nombre de coups pour compléter le parcours) : Jacques 15, Bruno 17, Éric 18, Danièle 19 et Michel 20.
Thurn and Taxis
Danièle et Jacques nous avaient quittés, mais je cherchais encore à me décontaminer de l'expérience que fut Sleuth. Je proposai donc cette valeur sure que Bruno avait amenée.
Nous commencions à peine la préparation lorsque la pression digitale sur un bitoniau artificiel par une présence opposée au panneau déférent de ma bastide nous interrompit. Il me semble que c'est clair, bordel! On sonna à ma porte.
Il s'agissait d'une belle surprise : Any et Jean-François venaient nous présenter Lauriane. Et ils étaient accompagnés de Yolande, responsable de la création de trois de nos membres ludésinvoltes : Bruno, Any et Roxane. Lauriane était maintenant âgée de 21 jours. Adorable, calme, complètement minuscule et étonnamment silencieuse, elle fut, bien naturellement, le centre de l'attention et des discussions. Nous passâmes quelques bons moments en famille — élargie — durant les 30 minutes que dura leur présence. J'étais très heureux de cette visite impromptue et mon seul regret est que d'autres ne purent pas en profiter.
Nos courageux amis partis, il nous restait encore amplement le temps de compléter la partie de Thurn and Taxis. Autrement dit, ils auraient pu rester plus longtemps!
Ceux qui aiment les Aventuriers du Rail aimeraient sans doute ce jeu. Les mécanismes sont très différents, mais la sensation est semblable. Le but du jeu est de monter un service postal à travers l'Allemagne du 16e siècle.
Bruno prit rapidement le contrôle de Baiern, la partie centrale de la carte. Il était clair qu'il cherchait à récolter le bonus qui y est associé. Éric, quant à lui, se concentra sur la périphérie de l'Allemagne. Il était en avance sur nous et Bruno était en excellente posture pour faire beaucoup de points. Je considérais que ma situation n'était pas de bon augure et décidai de hâter la fin de la partie afin de récolter le bonus du premier joueur à terminer et de couper l'herbe sous les pieds de mes deux adversaires.
Il s'avéra qu'un tour supplémentaire leur aurait permis de faire, chacun leur tour, un coup fumant. Dix points pour Éric et quinze pour Bruno, ce qui l'aurait propulsé en tête et m'aurait relégué au dernier rang.
Pointage final : Michel 18, Éric 15, Bruno 6.
Il s'agissait donc du dernier jeu d'une soirée pour le moins particulière.
Merci à tous.
Michel

