*Le texte ainsi encadré contient une brève description du jeu qui peut très bien être ignorée.
Joués : Wings of War, Elasund et Arkham Horror.
Participants : Michel, Éric, Bruno.
Cette rencontre s'avéra d'une participation légère. Pour la troisième fois depuis que je fondai Les Ludésinvoltes, seulement deux fidèles se sont présentés. J'imagine que les vacances et la coupe du monde m'ont volé tous mes participants. Notez que ce n'est pas un reproche. Ça veut tout de même dire que 7 fois sur 10, la maison est pleine. De plus, nous en avons profité pour sortir un jeu plus long (et plus puéril) que ce qui est généralement admis, ou choisi.
Bruno et Éric arrivèrent tôt, peu après 14 h. Notre esprit de déduction acéré nous informa immédiatement qu'on risquait d'être les seuls participants de cette session. C'était visible par une combinaison du taux d'humidité et de l'éclairage ambiant. Le vide était palpable!
Wings of War
Je choisis ce premier jeu qu'Éric avait amené. Il s'agissait de ma troisième partie. Comme le titre peut le suggérer à certains, il s'agit d'un jeu de combats aériens. Personnellement, je trouve le mécanisme principal original et séduisant. On ne joue pas sur un plateau, mais directement sur la table qui représente le ciel, la liberté et le danger!
Chacun a une carte avion dans le ciel (sur la table) et plusieurs cartes de déplacement dans ses mains. Chaque pilote en choisit trois par tour et, simultanément, tout le monde joue une carte à la fois. Le but est d'essayer de pointer son nez vers un adversaire et assez près pour pouvoir le cribler de balles. Les curieux peuvent consulter cette image qui montre le résultat après un mouvement.
Cette fois-ci, nous avons joué avec toutes les règles possibles, qui sont nombreuses. Nous avons tout de même décidé de retirer la carte de mort subite que Bruno pigea au début de la partie. Quelle carte stupide! À mon avis, la multitude de règles spéciales ajoutées au jeu n'amène rien et fait plutôt du tort à la fluidité d'une partie. Ça rend artificiel une mécanique autrement très élégante.
Je bénéficiais d'un avion qui pouvait tourner très rapidement sur sa droite et en profitai à quelques reprises. Par contre, ma résistance aux balles était inférieure à mes deux adversaires. Chaque joueur se fit canarder à peu près également, mais je fus le premier à m'écraser au sol. Bruno, qui eut quelques avaries mécaniques se fit descendre peu après et Éric fut déclaré vainqueur.
La partie fut plaisante. Nous nous sommes dit que, la prochaine fois, nous utiliserions ma table carrée et feutrée. Nous nous doutons que ça rendra la manipulation des cartes plus aisée.
Elasund
Bruno choisit ce jeu qui, en toute apparence, est devenu l'un de ses préférés. Il s'agissait d'une troisième partie pour Bruno et d'une deuxième pour Éric et moi. Cette fois, je trouvai l'expérience moins longue et monotone. Par contre, je ne suis pas encore sûr d'aimer le jeu.
Les conflits furent beaucoup moins nombreux durant cette partie, un autre aspect positif pour moi. Étant maintenant des joueurs d'expérience (!) les murs entourant la ville se bâtirent très rapidement. Tout comme ma première partie, j'eus la chance de déterminer la position de l'église et je contribuai le plus à sa construction au cours de la partie. Étonnant pour quelqu'un qui ne paie même pas sa dîme!
Naturellement, puisqu'il s'agit d'une mouture de la série des Colons de Catan, les dés ont refusé de se conformer aux probabilités et le « 8 » est sorti comme les vers de terre en pleine averse. La fin de la partie était serrée, mais je réussis à gagner en remportant deux points de victoire à mon dernier tour.
J'ai depuis appris que nous interprétions 2 ou 3 règles de façon erronée. Il faudra encore l'essayer avec ces « nouvelles » règles et voir si le jeu est meilleur!
Il était 17 h 00 et il était temps de se nourrir. Durant le repas, nous nous sommes payé une petite incartade que je ne permettrais jamais avec d'autres participants. Mais si on veut un jour terminer cette foutue série télé, il faut bien profiter de toutes les occasions. Je n'en dirai pas plus...
Arkham Horror
Cette fois, il s'agissait d'un jeu que Bruno avait apporté. Personnellement, l'idée d'acheter ce jeu coopératif ne m'aurait probablement jamais effleuré l'esprit. Mais je dois avouer que j'ai un préjugé défavorable envers l'éditeur, Fantasy Flight. Je pourrai expliquer pourquoi à ceux qui sont curieux, mais j'épargnerai les autres. En tous les cas, je ne peux pas dire qu'Arkham Horror m'ait fait changer d'avis.
La partie débuta vers 21 h et se termina peu avant minuit. Mon principal reproche est l'épaisseur du livre de règles. En ce qui concerne les jeux de société, je suis un partisan de l'aphorisme de Léonard de Vinci : « La simplicité est la sophistication suprême. » Ça rejoint mon opinion de War of Wings exprimée plus haut. À mon avis, Arkham Horror souffre d'une multitude de petites règles ajoutant beaucoup de saveur thématique, mais très peu au déroulement du jeu; ce qui, dans le jargon, s'appelle du « chrome ».
J'essaierai maintenant de résumer l'atmosphère qui régnait dans les rues lugubres d'Arkham. Shub-Niggurath était notre ennemi et menaçait de sortir des entrailles de la terre si nous ne réussissions pas à fermer toutes les portes de l'enfer assez rapidement. Michel était le magicien Dexter Drake et Éric avait les traits de l'archéologue Monterey Jack. Bruno, quant à lui, décida de porter le décolleté assez bas et choisit comme personnage la pulpeuse scientifique Mandy Thompson.
Dès le début et durant toute la partie, des monstres de toutes sortes pleuvaient littéralement à tous les coins de rue, mais, sous nos mains expertes, ils tombaient un à un presque aussi vite. Et ce, malgré mes immenses difficultés à rouler des 5 et des 6, primordiaux pour tout casseur de surnaturel qui se respecte. La communication entre les différents héros fut bonne et l'entente parfaite. Chacun avait sa tâche particulière et l'accomplissait avec plus ou moins de bonheur. L'optimisme était généralisé. Monterey Jack, faisant de l'argent comme de l'eau, jouait le rôle de guichet automatique pour les deux autres. Il semble que l'archéologie soit un métier très payant. Nous n'eûmes pas trop de difficultés à sceller la sixième porte menant aux mondes inférieurs et ainsi gagner tous ensemble — il s'agit, après tout, d'un jeu coopératif — la partie.
Je suis content d'avoir essayé ce jeu, mais je n'insisterai pas pour faire une deuxième partie, mais je pourrais être amadoué. Naturellement, plus tard, Bruno se rendit compte qu'au moins deux règles avaient été omises, ce qui facilita sans nul doute notre victoire. Je blâme l'épaisseur du livre de règles!
Et, bien sûr, Arkham me fit faire des cauchemars toute la nuit. Ou était-ce les feuilles de menthe en jujube?
Michel

